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Paru en 1988, Lo Maucòr de l'Unicòr est le deuxième grand recueil de Max Rouquette après Los Saumes de la nuòch. Cette édition reprend et corrige l'édition originale qui comportait beaucoup d'erreurs. Les éditions Jorn propose désormais 3 des 4 grands recueils en vers du poète.
Editions Jorn.
| Hauteur | 22,5 |
| Largeur | 14 |
| Poids | 0,3 |
| Type | Broché |
| Année | 2026 |
| Langue | Occitan |
| Pages | 168 |
| Format | 14x22,5 |
L'ouvrage regroupe des poèmes écrits après la guerre.On y retrouve l'inspiration lunaire puisée chez Lorca : « Le bain de la lune », « Raisins de lune », mais aussi l'omniprésence du songe et de la nuit : « C'est la nuit. », « Des montagnes de sommeil », « Jeunes songes ». Car Max Rouquette est un poète aussi nocturne que solaire, pour qui le songe éveillé est un acte d'écriture donnant accès à un univers intérieur ignoré et au monde naturel dont il se sent exilé depuis l'enfance.
Tout le recueil baigne dans une intense nostalgie et un mystère diffus, où prédomine un sentiment de perte qui inspire à l'auteur ses plus beaux poèmes : perte de la langue (« La langue s'est perdue ») ou d'un mode de vie simple et convivial (« Le romance du gril »). Peut-être est-ce cette blessure intime, ce sentiment d'exil qui constitue « le tourment de la licorne », lequel donne sont titre au poème et à tout le recueil :
« Par les champs de vieille lune
la licorne s'en allait,
la cour débordant de fiel,
la bouche désespérée... »
Las paraulas estèlan la nuòch de las causas.
Se miralhan dins l’estanh
[dels mostres abandonats
au fons dau potz etèrn de la tenèbra.
Las paraulas son de lutz en camin,
que sabon pas se quauqu'un las espèra.
La nuòch inacababla.
Les paroles étoilent la nuit des choses.
Elles se mirent dans l'étang des monstres abandonnés
au fond du puits éternel des ténèbres.
Les paroles sont de la lumière en chemin
qui ne savent pas si quelqu'un les attend.
La nuit infinie.
Aquò es la nuòch que la nuòch nos espia
sus l'autra riba de la nuòch.
Aquò es la nuòch que lo dedins das causas
dins l'escura claror nos ven als uòlhs.
La man nusa se pausa sus la pèira
e lo freg dau mond tot nos ven au còr.
Au fons dau potz fernís a pena
lo rebat verd d'un autre mond.
La lusor verda au fons dau potz,adejà l'auba.
C'est la nuit que la nuit nous regarde
sur l'autre rive de la nuit.
C'est la nuit que le coeur des choses
dans l'obscure clarté vient à nos yeux.
Notre main nue se pose sur la pierre
et le froid de l'univers nous vient au coeur.
Au fond du puits frissonne à peine
le reflet vert d'un autre monde.
La clarté verte au fond du puits, l'aube, déjà.
Quand lo cant nos a daissat
quand la mar s'es enanada
esbeguda a l'orizont
de vèlas enrebaladas
quand s'amudís la paraula
a las raras dau desèrt,
la perduda es la paura arma.
Ariana abandonada,
amorosa delembrada,
que, l'agach au pè dau cèl
demòra aquí sens espèra
e qu'a perdut fins qu'au vèrbe
de la paraula dau vent.
Coma la pèira primièira
que despuoi l'auba dau mond
sens espèr e sens espèra
daissant l'ombra passatgièira
jamai compta pas lo temps.
Quand le chant nous déserta
quand la mer s’en est allée
évaporée à l’horizon
des voiles évanouies,
lorsque se tait la parole
aux frontières du désert,
la perdue est la pauvre âme.
Ariane abandonnée,
amoureuse oubliée,
qui, l’œil sur l’horizon
reste là sans espoir
et qui perdit jusqu’au verbe
de la parole du vent.
Comme la pierre première
qui depuis l’aube du monde
sans espoir et sans attente
dédaignant l’ombre passagère
jamais ne compte le temps.
Extraits à retrouver sur le site : www.max-rouquette.org
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