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Le Bateau de pierre - Georges GROS

L-9782859106195

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Le Bateau de pierre - Georges GROS. Traduction française du roman Lo batèu de pèira (1984) par Lise Gros. Collection Passatge, IEO edicions.

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Fiche de données

TypeBroché
Année2020
LangueFrançais
Pages208
Format13,5 x 18 cm
DistributeurIEO edicions - IDECO
LabelPassatge
ISBN978-2-85910-619-5

Plus d'infos

Le Bateau de pierre - Georges GROS


En 1984, dans la prestigieuse collection de littérature occitane contemporaine A tots, l’Institut d’Études Occitanes publiait Lo Batèu de pèira, le chef d’ oeuvre de Georges Gros (Jòrgi Gròs en occitan). L’IEO Edicions vous propose de découvrir cet ouvrage dans une traduction française de sa fille Lise Gros.

Il était indispensable de traduire ce livre en français, en réponse aux demandes pressantes d’amis occitans qui souhaitaient en faire découvrir les richesses aux lecteurs francophones. Nous permettrons ainsi aux lecteurs de découvrir ce bateau de pierre, pâté de maisons amarré au croisement de deux grandes artères nîmoises. Ce roman n’est pas une biographie car l’auteur brouille les pistes entre lui et son père. Il pose un regard lucide sur la société, tant française qu’africaine en évoquant beautés et travers.
« Je sais que ma mythologie je me la suis faite sans grands-pères conteurs ou grand-mères berceuses. Avec un quartier, une ville, quelques collines aux alentours. Et tant de visages délivrés des grottes et labyrinthes de la mémoire. Ils sont maintenant prêts à briller ou à se recroqueviller dans l’ombre, aux aubes africaines hésitantes ou aux crépuscules incendiés. »
La grande culture de Georges Gros est juste évoquée par touches au fil des lignes pour révéler ce qui fit de lui un homme.
« C’est d’Afrique que je suis revenu avec la connaissance des choses et des gens d’ici. Il est petit, le monde, finalement. Et elles sont puissantes les sorcières de mort blanches de la piste d’Ouendo. »
Nous souhaitons que la traduction du roman amène également le lecteur à découvrir la version originale et la langue occitane, si belle et si riche.
Lise Gros (écrivaine, conteuse, vidéaste à Tè Vé Òc).

Traduction française de Lo batèu de pèira, édité en 1984 dans la collection A tots n°84, par Lise Gros.
Collection Passatge, IEO edicions.


L'auteur:

Georges Gros (1922-2018), pédagogue Freinet, militant occitan, écrivain et conteur est un passeur pour la culture et la langue occitanes.
Avec son provençal nîmois, il rend accessible à tous des moments forts de sa vie, en Afrique de l’ouest ou en France. Sa langue si riche mérite une traduction en français afin d’éclairer le lecteur sur les secrets cachés sous des mots occitans.


Avant-propos:

« Traduction/trahison ? »
C'est ce que j'ai absolument voulu éviter en traduisant au plus près le texte occitan de Jòrgi Gròs. Il n'était pas question d'adaptation mais de respect de la pensée, de l'écriture de mon père et de son choix de chaque mot.
Tout au long du roman, ce sont des va et vient incessants entre l'Afrique et Nîmes et sa région. Des récits et des réflexions se succèdent dans un grand respect des personnages et de leurs actes. C'est avec une sensibilité évidente que Georges Gros témoigne des bonheurs et des duretés de la vie passée et présente.
Je souhaite rendre accessible à tous la richesse et la beauté du roman et donner à chaque lecteur l'envie de se rapprocher de la version occitane.
Lise Gros, écrivaine, conteuse, vidéaste à Tè Vé Oc.


Extrait:

[...] Il rêvait longtemps, le soir, sur cette racine de palétuvier, noircie par l’océan, qui avait volé la forme d’un lourd oiseau aquatique, blessé à mort, qui se retourne une dernière fois sur la magnificence du monde. Trop étrange pour ne pas être né d’un feu de brousse, dans une île perdue où seules les pirogues silencieuses peuvent accoster au crépuscule de nacre…
Encore heureux qu’elle soit tournée du côté de l’Océan, la case. La nuit, le vent de mer, ou plutôt de l’estuaire, y vient pleurer sous les portes, pauvre lamantin échoué entre les filets traîtres des hommes de la forêt. Mais, entre deux coups de tonnerre, un souffle léger glisse jusqu’au lit. Sans la moustiquaire, Simon pourrait s’en régaler.
Quelque chose remue sous son coussin. Il allume : quatre blattes rougeâtres, grosses comme son pouce, lui tiennent compagnie… Où est l’orgueil solitaire ? Odeur de renfermé, de moisi. Craquement et bourdonnement de la nuit africaine. La poussière de latérite est plus fine qu’on pourrait le croire au premier abord. Soudain, il sent l’abandon, malgré les images colorées que les enfants de Valère ont laissées sur les murs.
En prenant son verre, Simon se souvient de sa conversation avec Véran, ses conseils d’ancien : « Méfie-toi de la solitude africaine. Ne reste jamais sans rien faire. Trouve un job. (Depuis qu’il roule sa bosse – cinq années – dans le bled, il s’est mis à parler comme les Américains, ici il en sort partout)… Pêche, peins, écris… sans cela, attention… »
Et voilà, comment un pauvre couillon qui est ici en mission, pour deux mois peut être, se prend pour Robinson Crusoé. Il se croit sur le plateau Batéké, là haut, avec des milliers de noirs mal intentionnés qui font de petits trous dans les murs des toilettes pour épier le Blanc… ou plutôt la Blanche. Il se perd dans des centaines de lieues de forêts qui descendent jusqu’au Congo des mangeurs d’Européens… Les mirages de l’accueil blanc…


Critique du roman original:

Un roman…ou plutôt un long poème nostalgique…
En filigrane sepia, derrière chaque page, il y a Georges Gros qui scande de sa voix douce les mots venus du passé, les mots d’une histoire emplie de tendresse et d’humanité, les mots de la vie ancrés dans les garrigues originelles et les mots étonnés vagabondant dans l’Afrique adoptée. Et vogue le bateau de pierre qui nous emporte dans une langue ciselée et émue.
Suzanne Sévera (artiste peintre)

Une écriture d’esthète où souvent l’« acheminement vers la parole » comme dirait Heidegger est transcendé par le style. Il y a peu d’actions dans ce texte... On pense aussi à la beauté de l’écriture d’André Gide...
Thierry Offre (climatologue et auteur)

C’est certainement la conjugaison entre l’humour, la spontanéité et l’humanité du conteur-pédagogue, son écoute du monde et des gens (l’occitan a un seul mot pour dire ces deux réalités : lo mond), sa maîtrise d’une langue riche, juste et variée dans ses tonalités, et la science critique de l’érudit, qui expliquent la qualité de cette œuvre…
Marie-Jeanne Verny (Professeure émérite Université Paul-Valéry, Montpellier)

Récits d’inspiration autobiographique et méditations impressionnistes inspirés par les missions dans l’Ouest africain et les souvenirs d’enfance puis la guerre autour de Nîmes composent ce roman. Les sens sont des ponts entre ces temps et ces lieux, qui guident le lecteur vers une réflexion sur la colonisation et la nature humaine.
Claudine Paul-Gros (écrivaine, conteuse)

Quel voyage ! J’ai connu le pédagogue savant et modeste, le vieux sage à l’œil malicieux qui contait son pays nîmois avec tendresse, l’écrivain à la belle langue d’oc mêlée de « francés » pour que tous comprennent. Je découvre dans ce « Bateau de pierre » un aventurier du réel à la langue foisonnante et à l’œil impitoyablement lucide, mais toujours pétri d’humanisme. Dans ces allers-retours entre une Afrique du temps pas du tout béni des colonies et la nostalgie d’une enfance nîmoise heureuse mais pas que, Georges semble chercher « la source de ce rêve venu du fond des âmes de ceux qui nous ont précédés ».
Fragments, rushes d’un film qu’il interrompt comme pour en laisser imaginer la chute, Georges interpelle ses lecteurs-trices comme ses personnages. Ses phrases sont riches d’images, de parfums, ses mots s’entrechoquent. On est dans la tête du narrateur, on sent sa transpiration, ses bonheurs et ses écœurements, on entend sa voix « Il ne suffit pas de se traîner sur le sol pour en être le fils d’abord, le maître ensuite… »
Françoise Diep (conteuse)

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