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Auteurs/Artistes

Alpineries - Patrick Erard

L-978-2-915493-77-1

Neuf

2 Eléments

disponible

13,50 €

Alpineries - Patrick Erard. Recueil sur les Alpes et la Haute-Provence, aux Éditions du Fournel.

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Fiche de données

Poids0.3 kg
TypeBroché
Année2008
LangueFrançais
Pages160
Format13.5 x 20.5 cm
DistributeurÉditions du Fournel
LabelCollection Récits régionaux
ISBN978-2-915493-77-1

Plus d'infos

Alpineries - Patrick Erard

« Le soleil soleillait, les sauterelles sautaient, l'air airrait, bref, tous les ingrédients traditionnels de la Provence éternelle faisaient leur boulot. Le hameau de Bonnechère ne faisait rien, comme d'habitude... ». Ciel bleu, rivières limpides, lavande, moutons, neige étincelante, les clichés – dans les deux sens du terme – sont légion dans les ouvrages consacrés à la Haute-Provence. Mais quelle que soit leur qualité, ces publications semblent ne considérer l'homme qu'en accessoire, en animation de ce paysage. Certes, les hommes ont façonnés ce pays, mais ils ont aussi été façonnés en retour, sans doute plus ici qu'ailleurs. Capables des pires mesquineries comme de désintéressement, de lâcheté comme de courage, tour à tour attendrissants, détestables, efficaces ou désespérants, admirables ou ridicules, les Alpins ne sont pas simples, et il est plus facile de les mépriser, comme ce journaliste qui, commentant l'affaire de Lurs, les surnomma « bêtes en souliers », que de chercher à les comprendre. Ce recueil cherche à leur rendre hommage.

Patrick Erard est alpinologue, ayant passé le plus clair de sa vie dans la vallée de la Verbaye. C’est aussi un fan d’Arto Paasilinna ; il cherche donc à nous parler de la Haute-Provence dans un style inspiré par l’auteur finlandais.

Éditions du Fournel.

Extraits:

Estubats

Les gens du village d’Allons sont appelés les Estubats, les Estubés, ceux qui respirent la tube, la fumée. La cause de ce surnom date probablement de l’époque où ils s’éclairaient avec du pin gras, un éclat de loupe de pin chargé de résine que l’on posait sur le linteau de la cheminée, chiche en lumière, mais prodigue en fumée noire. Allons n’est d’ailleurs pas le seul village du département dont les habitants sont appelés Estubats : le pin gras devait avoir d’autres adeptes, du côté de Manosque si ma mémoire est bonne.

A cinq kilomètres seulement de la route embouteillée de skieurs l’hiver, de camping- cars l’été, l’endroit n’a pas connu la célébrité, ayant trop bien caché ses appâts. Pourtant la couleur de la rivière, la bien –nommée Ivoire, qui se jette dans Verdon (1) après un voyage discret, vaut à elle seule le détour. Elle court entre les prés, serpentant sur le calcaire, joyeuse et souriante, remplie d’une insouciance qu’elle cherche à vous communiquer.

Ici, les pins recouvrent toujours plus les montagnes, comme ailleurs. Les ruines sont rachetées et retapées, comme ailleurs. Les maisons s’ouvrent au printemps pour l’éphémère représentation de l’été, comme ailleurs.

Les brebis mangent avec application le peu d’herbe qui parvient à franchir sans encombre le filtre de la caillasse, les hommes vaquent à leurs occupations, espinchés par la sauvagine qui oublie parfois de respecter les limites. Elle y laisse alors la vie, comme ce sanglier venu bêtement prendre le frais sous le lampadaire.

Les saisons sont au nombre de trois ; il y a la saison de la pêche, la saison des foins et la saison de la chasse.

C’était au début du mois de février, peu avant la tombée de la nuit. Je sortis de la maison pour faire quelques pas. Les fumées survolaient le village à l’horizontale. Epaisses au sortir des souches de cheminée, elles s’assemblaient rapidement pour former un voile odorant bleu-gris qui nous protégeait des mesures cosmiques. Il neigeait doucement, une poussière de neige, presque de la seille. Le silence absolu de la vallée déserte se mariait au cri du ciel bas pour me vriller les tympants. Notre dénuement, dans sa modestie, nous gardait d’entrouvrir la fenêtre du désespoir. J’aimais me sentir petit face à la masse des montagnes.

Traversant vers les forts, je rencontrai mon oncle chargé d’une brassée de fayard, quand le bruit de l’arrivée d’une voiture nous fit nous retourner. Une vieille petite Renault de pauvres se mouvait fantômatiquement sur la route. La tête incliné par la réprobation comme à son habitute, mon oncle Marcel la regarda en plissant ses yeux de paysan efficaces à grande distance :

« …42…lut-il sur la plaque d’immatriculation. Je ne sais pas où c’est, mais ça doit être loin. Tu te rends compte, s’il faut que les gens soient malheureux chez eux, pour venir comme ça chez nous ? »

Ecœuré, il se détourna et rentra chez lui garnir son trèfle.

Je restai là, comme un couillon.

(1) Un reste de divinité est encore accordé aux cours d’eau par chez nous, ce qui rend les articles inutiles. Ça donne Durança (la Durance), Severaiça (la Severaisse), Buech (le Buech), Verdon (Le Verdon) Ubaia (l’Ubaye).
 

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Alpineries - Patrick Erard. Recueil sur les Alpes et la Haute-Provence, aux Éditions du Fournel.

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