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Auteurs/Artistes

L'emperi de l'ombra - L'impero dell'ombra - L'empire de l'ombre - Claudio Salvagno

L-9782905213273

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L'emperi de l'ombra - L'impero dell'ombra - L'empire de l'ombre - Claudio Salvagno. Recueil de poèmes occitans avec une version italienne de l'auteur, et une version française de Jean-Michel Effantin. Éditions Jorn.

Plus de détails

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Fiche de données

TypeBroché
Année2004
LangueOccitan + Italien + Français
Pages184
Format14 x 22,5 cm
DistributeurEditions Jorn
ISBN2-905213-27-2

Plus d'infos

L'emperi de l'ombra - L'impero dell'ombra - L'empire de l'ombre - Claudio Salvagno

Les poèmes de Claudio Salvagno, pour la première fois rassemblés en recueil, parlent, en mode mineur ou interrogatif, de son rude pays de montagnes, l'empire de l'ombre, versant négatif de l'empire mistralien du soleil. Claudio Salvagno s'interroge sur l'usage à faire désormais de cet héritage alpin de paysages et de langage, que nous a transmis une civilisation occitane immémoriale et dont notre génération est dépositaire, pour le meilleur et pour le pire.

Le poète, comme le plasticien qu'il est aussi, est fasciné par le toucher du bois ou de l'ardoise, par ces vieux objets devenus inutiles, clenches, tacoules, nilles, en bois de cytise ou de châtaigner, chefs-d'oeuvre anonymes dont on oublie les noms et l'utilité. Lui reviennent en même temps des souvenirs d'enfance, entrecoupés de scènes actuelles de la vie quotidienne et de réminiscences littéraires. Tous ces éléments composent une œuvre originale, tant par son inspiration que par sa langue, un extrême-orient occitan, aux marges de notre domaine linguistique, accompagnée ici d'une double traduction, italienne et française.

Poèmes occitans avec une version italienne de l'auteur. Transcription graphique et traduction française de Jean-Michel Effantin.

Éditions Jorn.

L'auteur:

Claudio Salvagno est né en 1955 à Bernezzo (Cuneo, Italie), où il vit toujours. Ce plasticien et poète autodidacte travaille aux chemins de fer italiens. Artiste polyvalent, il est l’auteur de plusieurs expositions de sculpture (il travaille la pierre et le bois). Il a participé, entre autres manifestations, à ce qu’on appelle "Mon Viso Re di Pierta", une célébration de la montagne où le fleuve Pô prend sa source. En occitan, il a publié dans les revues Valados usitanos (Turin), Vernice, Cueno Provincia Granda.

Extrait:

Sai ren qui s'archamparè a aquesta rueida
e se bastirem abó aquestes lauses
de nòus fronts lusejants.
Lauses d'aquesti monts charjats de paciença
abó i testes ent i niules e i pès ent la nebla.

Lauses, lauses sillàbiques,
escairaas dai bòts di malhets
vendues un tant a la braça, un tant a l'ora lotjaas,
caire contra caire, còsta sobre còsta,
de travers i lates, just ressiaas, melze o sarvaia,
ben lotjaas, sobre i chantiers parelhats,
sobre lo colme boscat dreit,
pausat abó un bram
encima la muralha de la meira
bastia sus la broa d'aquest
monde, mec malade de nos.

Anar e venir, charjar e descharjar,
soterrar e dessoterrar, garbar dins i vielhs misteris,
"Qué revòlta ?"
Ensabacar lo viure es tot
sensa gachar la fatiga dal pòrt
sensa sentir lo còr que mòrd e muer.

Jòli anar,
ben charjat, córrer de morre en morre
pès penuts dins lo florir de la pauta d'abril,
da crotz en crotz, sonar, cerchar,
plantar a bòina aqueles lauses vengües votz.

Lauses sota la doçura dal solelh di cementeris
cach, cach, mans al toc, sus la tomba liech
fasem pecat 'bó la gòi de la charn,
sensa 'na ombra de grinor.
A i 'sarts, a i roncs, man a i magaus,
a bocha chauda a bocha raucha,
en chantant lo chant de la desfacha,
chuto, en picant, dessoterrem un gral de grimes
de vidas passaas.

Traduction en français:
Je ne sais qui se rassemblera pour cette œuvre en commun
et si nous construirons avec ces lauses
de nouveaux fronts brillants.
Lauses de ces monts chargés de patience
les têtes dans les nuages et les pieds dans le brouillard.

Lauses, lauses syllabiques,
mises au carré par les coups des maillets
vendues tant la coudée, posées tant à l'heure,
côte à côte, chant par dessus chant,
en travers les planches, à peine sciées, mélèze ou châtaignier sauvage,
bien logées sur les chevrons disposés,
sur la faîtière taillée droit,
posée dans un cri
à la cime du mur du chalet d'alpage
construit sur la lisière de ce
monde, seulement malade de nous.

Aller et venir, charger et décharger,
enterrer et déterrer, creuser dans les mystères anciens.
“Quelle révolte ?”
Mettre l'existence dans la hotte est tout
sans regarder la fatigue de porter,
sans sentir le cœur qui mord et meurt.

Belle allure,
bien chargés, courir de visage en visage
pieds nus dans la floraison de la boue d'avril,
de croix en croix, appeler, chercher,
planter comme borne de limite ces lauses devenues voix.

Lauses, sous la douceur du soleil des cimetières,
tranquillement, mains à l'aveuglette, sur la tombe lit
nous commettons le péché avec la joie de la chair,
sans une ombre d'affection.
Dans les terres des marges, dans les terres défrichées, la pioche en main,
pleins d'appétit ou enroués,
en chantant le chant de la défaite,
en silence, en frappant, nous déterrons une coupe de larmes
de vies passées.


Article critique:
L'occitan ou langue d'oc, comme on ne le sait pas assez, n'est pas une langue régionale mais européenne. Elle est parlée non seulement sur le tiers sud de la France, mais aussi dans le Val d'Aran espagnol (où elle est langue officielle) et dans les vallées cisalpines des Alpes qui descendent vers Turin et Cuneo. L'emperi de l'ombra en est la preuve poétique. Son auteur, Claudio Salvagno, est un poète occitan qui vit à Bernès / Bernezzo et qui ne parle pas français mais italien. Cet autodidacte travaille dans les chemins de fer italiens et se présente aussi comme plasticien, sculpteur sur bois notamment. De là le parti pris des éditeurs de présenter une version trilingue, occitane, italienne et française, de ce singulier poète, avec une vignette de couverture reproduisant un objet en bois sculpté par lui, intitulé « voix de cytise ».

Quant à la voix de Claudio Salvagno, elle s'élève, comme l'explique une note en fin de livre, de l'« extrême orient occitan », mêlant au dialecte sud-cisalpin des inflexions piémontaises et italiennes, ainsi que des variantes personnelles empruntées notamment au provençal. Cette voix parle « une langue sauvage », selon le mot des éditeurs, et puise à plusieurs sources.

Mais la singularité de Salvagno n'est pas seulement linguistique. Nous n'avons pas affaire à un poète « dialectal », comme on dit de l'autre côté des Alpes. Rares en effet sont les poètes qu'on peut qualifier d'alpins sans aussitôt les rabaisser au niveau d'une littérature régionaliste faite de clichés d'office du tourisme. La Suise romande nous a fait don, en français, de quelques uns de ces écrivains « alpins » authentiques, universels et profondément enracinés, Ramuz, Chappaz. Dans ses poèmes, pour la première fois rassemblés en recueil, Salvagno, l'Occitan du Piémont, nous parle de son rude pays de montagnes, l'empire de l'ombre, versant négatif de l'empire mistralien du soleil. Mais son lyrisme est dépouillé de tout pittoresque. Son regard et ses sensations sont hautement problématiques. L'amour viscéral mais jamais explicite qu'on sent bien qu'il porte à ses montagnes est imprégné jusqu'au malaise d'un doute sur leur avenir. Les montagnes sont évidemment la métonymie de la langue qui les dit et qui les a nommées depuis des temps immémoriaux. Cette poésie pose tout simplement le problème de l'héritage auquel sont confrontées toutes les cultures de notre époque, mais elle le fait de façon allusive, sans aucune volonté démonstrative. Sur le mode mineur et interrogatif, elle se demande modestement, sans hasarder aucune réponse, quel usage faire désormais de ce pays, langage et paysages, dont la logique du progrès voue à la destruction les formes à nous transmises. Les premiers vers du poème-titre donnent le ton et posent la question : « Je ne sais qui se rassemblera pour cette oeuvre en commun / et si nous construirons avec ces lauses / de nouveaux fronts brillants. / Lauses de ces monts chargés de patience / les têtes dans les nuages et les pieds dans le brouillard. »

Difficile à rendre en français, cette notion de rueida, d'« oeuvre commune » à laquelle s'attelle tout une communauté, tracé d'un chemin, construction d'une maison, endigage d'un torrent, concerne désormais la transmission de ce qui nous constitue, mais elle est plus que jamais incertaine, car c'est l'idée même de communauté qui tend à s'effacer.

Trois ensembles poétiques forment le recueil, « l'empire de l'ombre », « Septembre », « Lumières de février », tous titres significatifs évoquant l'hiver ou la fin de l'été. Chacun d'eux consiste en une suite de poèmes d'une à six pages. La forme est libre, strophes et vers de longueur variable, ponctuation scrupuleuse.
Les sensations concrètes, tactiles et olfactives, abondent. Le poète, comme le plasticien qu'il est aussi, est fasciné par le toucher du bois ou de l'ardoise, par ces vieux objets devenus inutiles, clenches, tacoules, nilles, en bois de cytise ou de châtaignier, chefs-d'oeuvre anonymes dont on oublie et les noms et l'usage. « Une nille qui a fini de courir, / de serrer les trousses de foin. Je la prends en main et je la serre / comme tu serres / la main d'un ancien qui va mourir. » Ces sensations se mêlent et s'entrecroisent, surgies en même temps de souvenirs d'enfance, de scènes de la vie quotidienne et de réminiscences littéraires, au nombre desquelles les troubadours occitans et l'univers solaire de Mistral.

Une voix authentique et originale s'élève d'un paysage de brumes et de neiges, d'un empire de l'ombre aussi fantasmé que réel, mais qui nous paraît étrangement familier de drainer tous nos doutes.

Article de Jean-Claude Forêt, publié dans la revue Europe.



Avis

Note 
Frédéric D 22/03/2017

Article de René Merle paru dans "Ousitanio vivo, Jornal occitan"

Es pas comun, encuei, de rescontrar un libre ensin : 184 paginas de poèmas, amb sus la pagina de drecha lo tèxte premier, e sus la pagina de senèstra sa traduccion en italian (de l’autor, revista per Luisa Traina) e en francés (de Jean-Michel Effantin). E lo tèxte premier es en lenga d’Òc. Dins lo parlar naturau de l’autor, Claudio Salvagno, de Bernés dins la Val Grana. Un parlar “normalizat” dins sa grafia “occitana”, qu’es aquela de l’editor, (Jorn, un ostau occitanista de França especializat dins la poësia) e non pas de l’autor. Aquesta grafia de Salvagno, au pus proche de la prononciacion de Bernés, seriá estada de mau legir per lo public de Jorn, esparpalhat sus l’immense espaci occitan, de l’Atlantic ai Valadas... Mai se la grafia es “normalizada”, la lenga es pas traïda, una lenga magnifica, lenga de mementa e de vida vidanta, pastada dei paraulas anticas de la realitat e dei paraulas dau sòmi grand, de còps que i a marrit pantais, que te fa suportar lo non-sens de l’existéncia, que te fa viure, maugrat tot. Tota la fòrça de la poësia de Salvagno es dins aqueste rescòntre, aquesta mescladissa desmemoriada dau païs quotidian, e dau païs deis avis, mescladissa deis espers roges avortats e d’aquelei que perduron, de la granda poesia occitana trobadoresca e de la paraula testarda d’encuèi...

Dins una passa que la poesia a la mòda renèga lo lirisme, Salvagno se li es enrasigat, dins un lirisme magic que se refusa tot desbalatge narcissic. Lirisme veritable. Lo vueje d’amont, la solituda, leis amors amenaçats, e la plana d’avau que pòrta l’amenaça finala, tot aquò te pòt donar enveja de barrar la pòrta sur se e se laissar morir, chin chinin, coma lei “meiras” que s’escrancan dins lei combas. Au contràri, l’Emperi de l’ombra nos ajuda per viure. Aqueste libre se resumis pas. Un libre grand. Va fau legir, tot d’una.

Renat Merle

    Note 
    Frédéric D 22/03/2017

    Article de Jean-Claude Forêt paru dans la revue Europe

    L'occitan ou langue d'oc, comme on ne le sait pas assez, n'est pas une langue régionale mais européenne. Elle est parlée non seulement sur le tiers sud de la France, mais aussi dans le Val d'Aran espagnol (où elle est langue officielle) et dans les vallées cisalpines des Alpes qui descendent vers Turin et Cuneo. L'emperi de l'ombra en est la preuve poétique. Son auteur, Claudio Salvagno, est un poète occitan qui vit à Bernès / Bernezzo et qui ne parle pas français mais italien. Cet autodidacte travaille dans les chemins de fer italiens et se présente aussi comme plasticien, sculpteur sur bois notamment. De là le parti pris des éditeurs de présenter une version trilingue, occitane, italienne et française, de ce singulier poète, avec une vignette de couverture reproduisant un objet en bois sculpté par lui, intitulé « voix de cytise ».

    Quant à la voix de Claudio Salvagno, elle s'élève, comme l'explique une note en fin de livre, de l'« extrême orient occitan », mêlant au dialecte sud-cisalpin des inflexions piémontaises et italiennes, ainsi que des variantes personnelles empruntées notamment au provençal. Cette voix parle « une langue sauvage », selon le mot des éditeurs, et puise à plusieurs sources.

    Mais la singularité de Salvagno n'est pas seulement linguistique. Nous n'avons pas affaire à un poète « dialectal », comme on dit de l'autre côté des Alpes. Rares en effet sont les poètes qu'on peut qualifier d'alpins sans aussitôt les rabaisser au niveau d'une littérature régionaliste faite de clichés d'office du tourisme. La Suise romande nous a fait don, en français, de quelques uns de ces écrivains « alpins » authentiques, universels et profondément enracinés, Ramuz, Chappaz. Dans ses poèmes, pour la première fois rassemblés en recueil, Salvagno, l'Occitan du Piémont, nous parle de son rude pays de montagnes, l'empire de l'ombre, versant négatif de l'empire mistralien du soleil. Mais son lyrisme est dépouillé de tout pittoresque. Son regard et ses sensations sont hautement problématiques. L'amour viscéral mais jamais explicite qu'on sent bien qu'il porte à ses montagnes est imprégné jusqu'au malaise d'un doute sur leur avenir. Les montagnes sont évidemment la métonymie de la langue qui les dit et qui les a nommées depuis des temps immémoriaux. Cette poésie pose tout simplement le problème de l'héritage auquel sont confrontées toutes les cultures de notre époque, mais elle le fait de façon allusive, sans aucune volonté démonstrative. Sur le mode mineur et interrogatif, elle se demande modestement, sans hasarder aucune réponse, quel usage faire désormais de ce pays, langage et paysages, dont la logique du progrès voue à la destruction les formes à nous transmises. Les premiers vers du poème-titre donnent le ton et posent la question : « Je ne sais qui se rassemblera pour cette oeuvre en commun / et si nous construirons avec ces lauses / de nouveaux fronts brillants. / Lauses de ces monts chargés de patience / les têtes dans les nuages et les pieds dans le brouillard. »

    Difficile à rendre en français, cette notion de rueida, d'« oeuvre commune » à laquelle s'attelle tout une communauté, tracé d'un chemin, construction d'une maison, endigage d'un torrent, concerne désormais la transmission de ce qui nous constitue, mais elle est plus que jamais incertaine, car c'est l'idée même de communauté qui tend à s'effacer.

    Trois ensembles poétiques forment le recueil, « l'empire de l'ombre », « Septembre », « Lumières de février », tous titres significatifs évoquant l'hiver ou la fin de l'été. Chacun d'eux consiste en une suite de poèmes d'une à six pages. La forme est libre, strophes et vers de longueur variable, ponctuation scrupuleuse.
    Les sensations concrètes, tactiles et olfactives, abondent. Le poète, comme le plasticien qu'il est aussi, est fasciné par le toucher du bois ou de l'ardoise, par ces vieux objets devenus inutiles, clenches, tacoules, nilles, en bois de cytise ou de châtaignier, chefs-d'oeuvre anonymes dont on oublie et les noms et l'usage. « Une nille qui a fini de courir, / de serrer les trousses de foin. Je la prends en main et je la serre / comme tu serres / la main d'un ancien qui va mourir. » Ces sensations se mêlent et s'entrecroisent, surgies en même temps de souvenirs d'enfance, de scènes de la vie quotidienne et de réminiscences littéraires, au nombre desquelles les troubadours occitans et l'univers solaire de Mistral.

    Une voix authentique et originale s'élève d'un paysage de brumes et de neiges, d'un empire de l'ombre aussi fantasmé que réel, mais qui nous paraît étrangement familier de drainer tous nos doutes.

    Jean-Claude Forêt

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      L'emperi de l'ombra - L'impero dell'ombra - L'empire de l'ombre - Claudio Salvagno. Recueil de poèmes occitans avec une version italienne de l'auteur, et une version française de Jean-Michel Effantin. Éditions Jorn.

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