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Poèmas de pròsa - Poèmes en prose - Max Rouquette

L-9782857921806

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Poèmas de pròsa - Poèmes en prose. Écrits pour la plupart dans les cinq dernières années de sa vie, ces textes en prose offrent immédiatement images et musiques qui nous mettent de plain-pied avec ce que Max Rouquette a vu et ressenti, et dont il a su restituer la force et la profondeur. Collection Paul Froment, Fédérop.

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Fiche de données

TypeBroché
Année2008
LangueFrançais + Occitan Languedocien
Pages144
Format15 x 21 cm
DistributeurFédérop
LabelCollection Paul Froment
ISBN978-2-85792-180-6

Plus d'infos

Poèmas de pròsa - Poèmes en prose - Max Rouquette


Poèmes traduits de l'occitan par Philippe Gardy et Jean-Guilhem Rouquette.


« Cette paix séculaire. Cette paix de mille ans. Et même plus. Qui se berce doucement dans la vague molle. Qui se réchauffe au matin. Qui s’assoupit à la torpeur de l’après-midi. Et qui écoute, la nuit, dans les pins, chanter le rossignol et les cris des paons réveillés. Réveillés par l’antique peur descendue au long des siècles dans leurs veines. Celle de toute l’espèce, dans les vallées du temps. Et qui n’oublie pas de se réveiller chaque nuit.
Cette paix de Maguelone, où l’enfant de la nuit joue à faire glisser le sable dans sa paume. Comme s’il était, lui, le sablier de l’histoire. »

Écrits pour la plupart entre 2000 et 2005 (date de la mort de l’écrivain), ces Poèmes en prose commencent presque toujours comme des notes jetées sur la papier, mais ils se transforment aussitôt en tableaux vertigineux, dont les perspectives, à peine suggérées, ouvrent grand sur les mystères et les enchantements d’un monde dont on ne soupçonnait guère l’existence, et plus encore la présence, invisible mais bien réelle, à nos côtés. Rouquette, comme dans le reste de son œuvre, est ici un incomparable déchiffreur. Ses capacités à comprendre le secret des choses et des êtres autour de lui se transforment immédiatement en images et en musiques qui nous mettent de plain-pied avec ce qu’il a vu et ressenti, et dont il a su restituer la force et la profondeur.


Édition bilingue occitan-français.
Collection Paul Froment, Fédérop.




L'auteur:

Max Rouquette est né en 1908 à Argelliers, village de l’arrière-pays montpelliérain entouré de bois. Son enfance au contact de la nature sauvage l’a marqué profondément, et il s’est imprégné auprès des gens d’Argelliers de cette langue occitane dont son père lui révéla la force poétique en lui récitant un jour une strophe de Mirèio de Frédéric Mistral. Poète, prosateur et dramaturge, traduit en français à partir de 1981, puis en de nombreuses autres langues, il a gagné peu à peu une notoriété internationale large et continué l’élaboration de son œuvre jusqu’à sa mort, le jour du solstice d’été 2005, à 96 ans.


Extraits:


"Aquela patz seculara. Aquela patz de mila ans. Emai mai. Que se brèça doçament dins l'èrsa mòla. Que se rescaufa dins la matinada. Que s’entredormís au caumanhàs de la tantossada. E qu'escota, la nuòch, dins los pins, cantar lo rossinhòu e las cridas dels pavons despertats. Despertats per l’antica paur. Davalada dau lòng dels sègles dins sas venas. La de tota la mena, dins las combas dels temps. E que delembra pas de se despertar, cada nuòch.
"Aquela patz magalonenca, ont l’enfant de la nuòch jòga a faire lisar la sabla dins sa pauma. Coma s’èra, el, lo sablier de l’istòria." (Max Roqueta, Dire per Magalona).

"Cette paix séculaire. Cette paix de mille ans. Et même plus. Qui se berce doucement dans la vague molle. Qui se réchauffe au matin. Qui s’assoupit à la torpeur de l’après-midi. Et qui écoute, la nuit, dans les pins, chanter le rossignol et les cris des paons réveillés. Réveillés par l’antique peur descendue au long des siècles dans leurs veines. Celle de toute l’espèce, dans les vallées du temps. Et qui n’oublie pas de se réveiller chaque nuit.
"Cette paix de Maguelone, où l’enfant de la nuit joue à faire glisser le sable dans sa paume. Comme s’il était, lui, le sablier de l’histoire." (Max Rouquette, Parole pour Maguelone).


La conca
Conca d'estiu, man de la ròca per sarrar l'argent-viu das lagremas dau cèl. Conca de pèira blava, aur escur per un diamant enclaus dins lo dur de ton èstre. Tremolar au miralh de la fuòlha sagnosa dau puditz. Espelison subran d'un imatge d'aucèl, prudent e coma laguiós, e qu'i cal tot lo cèl per i ceuclar lo cap de glòria. E lo recòrd dau temps d'ivèrn, calhat dins la man rufa de ton etèrne sens matins.

La conque
Conque d’été, main de la roche pour serrer le vif-argent des larmes du ciel. Conque de pierre bleue, or obscur pour un diamant enclos dans le dur de ton être. Tremblement au miroir de la feuille sanglante du térébinthe. Naissance soudain d’une image d’oiseau, prudent et comme inquiet, à qui il faut tout le ciel pour couronner sa tête de gloire. Et le souvenir du temps d’hiver, figé dans la main rugueuse de ton éternité sans matins.


Tornatz-me…
Tornatz-me los lausièrs, emai los olmes ; tornatz-me l’ombra verda dau matin, tornatz-me l’aiga umila que risiá dins l’ombra cruvelada de solelh. Tornatz-me lo silenci de la tèrra. E l’alen enveirent de la prima. L’agalancièr, davant que se rescònde en sas espinhas. Quand se perd dins la barta d’abriu.
Tornatz-me lo silenci dels aucèls e l’espèra pacienta de la sèrp. Emai l’aiga perduda en sos miralhs, ont se venián reculhir las abelhas.
Per l’òrt secret, en l’òrt sacrat, nisada muda per las oras. E lo miralh de cendre de las pèiras.
Tornatz-me las cerièras dau bonur, la set qu’aviái de tota lutz,
e lo linde de mon agach
ambe l’inocéncia dau còr.

Rendez-moi...
Rendez-moi les lauriers, et aussi les ormeaux ; rendez-moi l’ombre verte du matin, rendez-moi l’eau humble qui riait dans l’ombre tamisée de soleil. Rendez-moi le silence de la terre. Et le souffle invisible du printemps. L’églantier, avant qu’il ne se cache derrière ses épines. Quand il se perd dans les buissons d’avril.
Rendez-moi le silence des oiseaux et l’attente patiente du serpent. Et encore l’eau perdue dans ses miroirs, où venaient se recueillir les abeilles.
Pour le jardin secret, dans le jardin sacré, nichée muette au fil des heures. Et le miroir de cendre des pierres.
Rendez-moi les cerises du bonheur, la soif que j’avais de toute lumière
et la pureté de mon regard
avec l’innocence du cœur.


Lo poton
Una nuòch entre que dormissiái, la mòrt passèt doçament e me pausèt sul copet un poton, un pichòt punt, coma un manit au ventre de sa maire, es ara nascut d'aquel poton ; lo doç poton que farà creis e qu'emplenarà d'abséncia e qu'un bèl jorn m'entredormirà dins los braces d'aquela qu'una nuòch venguèt doçament tocar amb un poton tan leugièr qu'un alen de l'èr la pèl mai tendra de mon còl.

Le baiser
Une nuit, alors que je dormais, la mort passa doucement et posa sur ma nuque un baiser ; un petit point, comme l’enfant dans le ventre de sa mère, est né de ce baiser ; le doux baiser qui va croître et qui se remplira d’absence et, un beau jour, m’endormira entre les bras de celle qui, une nuit, est venue, doucement, toucher d’un baiser aussi ténu que le souffle de l’air la partie de mon cou où la peau est si tendre.


Article de presse :

Rouquette au Paradis
 
    Mort en 2005 à 96 ans, sec et ridé comme un vieux Comanche, Max Rouquette est un géant de l’ombre des lettres françaises. Pour avoir écrit toute sa vie en occitan (se traduisant ensuite souvent lui-même), il s’est privé d’une gloire à sa mesure comme l’a souligné Raphaël Confiant du Monde : “Quel lecteur français moyen connaît le nom de Max Rouquette et sait qu’il a construit l’une des œuvres les plus accomplies de la littérature hexagonale du XXe siècle ? Il avait, certes, l’immense tort d’avoir écrit en occitan.” Bien qu’entré au répertoire de la Comédie-Française, bien que les Amandiers de Nanterre aient présenté une superbe version burkinabée de sa Médée, on se souviendra de la fierté d’airain dont il témoignait depuis sa douloureuse solitude. À l’occasion du centenaire de sa naissance : toute une série de parutions. Dont celle-ci : Poèmes en prose, pour la plupart des inédits.
 
Que la vie me quitte et que s’apaise le mouvement chaud de la chair
 
    Et dès les premières lignes, l’entrée dans un monde. En guise d’avertissement. une adresse destinée à désarmer le lecteur rationnel : “l’essence de la poésie est rebelle à tout discours. Quand elle le sent, elle se dérobe.” Un monde enchanteur s’ouvre, des sons, tout y vibre, et les mots-clefs de Max Rouquette tournoient dans un espace singulier, beau et inquiétant : “souffle”, “paradis”, “herbe”, “éternité”. Max Rouquette est un enfant devenu poète pour continuer à gambader ébloui dans la nature de son pays natal vers Argelliers. De continuer à réanimer ce monde parfait de l’enfance : “Et les pierres nous étaient douces. Sans mot dire après cent mille ans. Conscientes de tout leur être. Et très sûres de leur mission.” Et très vite la question de la mort, qui côtoie ouvertement la vie. On a souvent dit de Rouquette qu’il était noir ou pessimiste tandis qu’il parlait en poète de la continuité de la vie. “Que la vie me quitte et que s’apaise le mouvement chaud de la chair et que, dans l’éternité qu’elle me cachait, je vous trouve étoiles noires du silence, dans mon regard, une fois encore.”
 
Article de Valérie Hernandez, paru dans La Gazette de Montpellier, n°1050.

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