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Troubadours aujourd'hui - Léon Cordes

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Troubadours aujourd'hui - Léon Cordes. Trobadors al segle XX. Actualiser les troubadours, répondre à leur sujet à la curiosité de l'opinion aujourd'hui, l'authenticité de la culture d'Oc portant témoignage pour une information véritable du plus large public, tel est le pari engagé par ce livre. C.P.M. Marcel Petit - 1975. CREDD'O.

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Fiche de données

TypeBroché
Année1975
LangueFrançais + Occitan
Pages224
Format13 x 21.5 cm
DistributeurCREDD'O
LabelC.P.M. Marcel Petit

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Troubadours aujourd'hui - Léon Cordes

Trobadors al segle XX.


Actualiser les troubadours, répondre à leur sujet à la curiosité de l'opinion aujourd'hui, l'authenticité de la culture d'Oc portant témoignage pour une information véritable du plus large public, tel est le pari engagé par ce livre. Présentation et un commentaire incessant en français, complété par une version explicite des textes d'Oc, ceux-ci sont, pour la première fois, une translation en langue moderne, directement accessible. 40 troubadours sont ici présentés dans leur contexte historique, légendaire, anecdotique. Au sommet, un ensemble significatif de la Chanson de la Croisade Albigeoise, chanson de geste qui reste « un des plus beaux hymnes à la liberté qui ait jamais été écrit »...


C.P.M. Marcel Petit - 1975. CREDD'O.


L'auteur:

Léon Cordes, né à Siran le 30 mars 1913 et mort à Montpellier le 9 octobre 1987, est un écrivain du Minervois, poète, romancier, dramaturge et scénariste, s'exprimant essentiellement en langue occitane dont il fut l'infatigable militant sous les formes les plus diverses. Il est le père de l'acteur , auteur , metteur en scène et sculpteur français Michel Cordes.  



Article critique:

Les présentes remarques sur les Troubadours aujourd’hui de Léon Cordes remontent à une première série de notes de lecture commencées en 1977, puis complétées, comme il se doit, par une relecture plus récente et surtout mieux informée. Dans des publications de 1988 et de 1995 sur la traduction des troubadours depuis le XIIIe siècle, j’avais déjà signalé le grand intérêt de la tentative de Cordes de tourner ou « translater » (terme français du XIIe siècle, devenu péjoratif au XVIIIe) « librement » (c’est son mot aussi) les chansons des troubadours en occitan moderne. Robert Lafont a commenté sa propre expérience d’autotraduction, fréquente depuis Mistral, Aubanel et autres, celle d’un auteur devenu lui-même traducteur en français moderne de son œuvre écrite en occitan moderne (Lafont 1992). Que dire alors d’une traduction d’un état, ancien, d’une langue dans un autre, contem-porain, en somme d’une langue qui se traduit lorsque la langue de départ devient également la langue d’arrivée ? Il s’agit là de ce que Philippe Gardy appelle la traduction interne (Gardy 1992) et qui peut être, dirons-nous, soit synchronique soit diachronique, comme dans le cas présent. Quand Cordes-Còrdas a entrepris de s’y essayer, en 1975, il n’avait été précédé dans la voie de la modernisation occitane, trois ans auparavant, que par Lafont lui-même dans son Trobar, son unique concurrent (je passe sur quelques versions isolées et oubliées des troubadours parues dans l’Armana). À ma connaissance, seul Bernard Bonnarel a suivi Cordes dans cette voie, en 1981, avec des versions modernes des 194 chansons dialoguées des troubadours (Bonnarel 1981). Une première manière d’aborder le recueil de Cordes se fera donc dans cette optique de comparatiste, qui est d’ailleurs toujours la mienne.

Dans l’argumentaire du livre, Cordes affirme avoir « actualisé » les troubadours « pour la première fois » en occitan moderne. Pouvait-il ignorer le travail de Lafont, encore récent, et dont il était l’ami, dixit Lafont lui-même (Petit 1985, 42) ? Du tout, puisque Cordes cite Lafont (Cordes 1975, 64). Non, il s’agit d’autre chose, d’un autre plan de travail. Lafont modernise et normalise la langue pour des besoins pédagogiques (il s’agit d’une publi-cation du Centre d’Estudis Occitans). Cordes vise un autre but, même si le lecteur éventuel pourrait être le même. Cordes ne traduit pas, il translate, il retouche, il prend son bonheur là où il le trouve. Robert Lafont, poète à son heure aussi, est plutôt un universitaire montpelliérain dans son Trobar, puis dans les quatre volumes publiés en 2005 chez Atlantica. Cordes, vigneron du Minervois dont la scolarisation s’est arrêtée à seize ans, montpel-liérain d’adoption lui aussi dès les années 1950 (Petit 1985, 8), reste pour sa part résolument poète pratiquant dans son travail et même, c’est le cas de le dire, dramaturge, car il s’occupe beaucoup plus de la mise en scène, si l’on peut dire, des textes de troubadours qu’il représente. C’est sans surprise qu’au départ Cordes avait préparé un certain nombre de ces versions justement pour être montées sur scène.

Quelle était sa démarche alors, par rapport à la méthode de Lafont, plus universitaire, plus fidèle aussi, qui en bon philologue retouchait le moins possible les chansons de troubadours ? Cordes s’en était expliqué dans « Quelques notes sur une translation de troubadours », contribution modeste, dans les deux sens et donc trop souvent oubliée, aux premiers Mélanges Camproux, car les deux occitanistes étaient liés d’amitié. Dans sa petite étude autocritique, qui n’en est pas moins une apologie et un plaidoyer, Cordes revendique une fidélité de poète, plus à l’esprit qu’à la lettre : « fidélité à la pensée et l’esprit », dit-il. En effet, plus poète que linguiste, peut-être à l’inverse de Lafont qui était néanmoins les deux à la fois, Cordes est du parti des belles infidèles. Il n’hésite pas à retoucher les poèmes qu’il fait siens, auxquels il rajoute une note personnelle, alors que Lafont, comme tout bon bédiériste, profondément conservateur, intervient le moins possible. Tout est permis au pur poète qu’est Cordes. Le mot à mot n’est plus tolérable pour lui. Il ne conserve pas, il restitue, mais dans sa langue moderne, personnelle, savoureuse. S’il rend la parole aux troubadours, ce sera par sa propre voix, alors que Robert Lafont cherche à taire la sienne devant la parole originelle et donc définitive du troubadour, surtout du manuscrit hypercorrect C.

Comme dans toute anthologie, Cordes fait un tri, « un choix » dit-il, mais qui est en réalité triple, car il opte d’abord pour quarante poètes seulement (sans oublier les anonymes qu’il met sagement en tête de son recueil et non pas à la fin ou pire encore en appendice), puis il sélectionne des poèmes de son Académie occitane des quarante, enfin il choisit des passages seulement parmi ces textes. Car, comme un scribe médiéval, ce translateur se permet non seulement de retoucher les textes vers par vers, mais de déplacer et même de supprimer des strophes entières. Il n’y a pas d’interdit pour le poète qui ne se donne pas pour spécialiste dans le domaine comme l’était Lafont.

Grosso modo, l’anthologie de Lafont est donc un travail de savant, alors que celle de Cordes est celui d’un poète. Trobar est une œuvre de transmission, mais Trobadors fait œuvre de transposition. Lafont s’efface devant les troubadours ; Cordes s’affirme, s’affiche, s’épanouit. Le lecteur qui connaît déjà les poètes occitans du Moyen Âge dans le texte n’a pas besoin de Cordes « pour lire les troubadours », titre d’un premier article important de Robert Lafont (Lafont 1983). Mais, naturellement surtout, le fin connaisseur aurait envie de lire un poète moderne unique comme Cordes qui renouvelle le contact avec ces illustres prédécesseurs qui l’inspirent, qui lui transmettent leur souffle.

Prenons un exemple de sa « translation » :

Quand los jorns s’alongan en Mai
m’es bèl doç cant d’aucèl de luènh,
e quand ieu soi partit delai
me remembra un amor de luènh.
E me’n vau sornarut, cap clin,
sens que cant ni flor d’albespin
m’agrade mai qu’ivèrn gelat.

(Cordes 1975, 44)

Lanquan li jorn son lonc en mai
m’es bels doutz chans d’auzels de lonh.
E quan me sui partitz de lai,
remembra∙m d’un amor de lonh:
vau de talan embroncs e clis,
si que chans ni flors d’albespis
nom platz plus que l’iverns gelatz.
(Rosenstein/Leclair 2011, 56)

Cette chanson exemplaire de Jaufre Rudel avait été traduite en français dès le XIIIe siècle : une glose peu habile que nous devons au romancier Jean Renart qui, dans son mot à mot français, n’a probablement pas toujours compris l’original (Rosenstein 1995). Celle en occitan moderne par Léon Cordes est sans prétention mais plus efficace. Cordes n’est pas Pierre Ménard qui, dans la nouvelle éponyme de Borges, avait traduit Don Quichotte dans l’espagnol de Cervantès, dans le sens où l’espagnol du premier dix-septième siècle peut et doit être compris autrement de nos jours.

On constate d’emblée combien Cordes tente ici une mise à jour alibertine de la graphie flottante médiévale. En 1975, il prend comme base les textes de Jeanroy, tout comme Lafont en 1972. La version moderne de Cordes demeure fidèle à la langue comme à l’esprit du texte de départ. Contrairement à la notation « Vau de talant embroncs et cli(n)s » de Lafont, Cordes innove avec « E me’n vau sornarut, cap clin ». En revoyant seulement l’orthographe dans son édition destinée au Centre d’études occitanes à Montpellier, Lafont a rectifié la graphie comme faire se doit pour un péda-gogue et linguiste militant. Cordes n’a ni recopié l’original comme Pierre Ménard, ni revu seulement la graphie comme Lafont. Non, en tant que poète, il a « translaté » l’original dans son propre idiolecte moderne. Plus qu’un Pierre Ménard imaginatif, plus qu’un Jean Renart médiéval, plus que Robert Lafont notre contemporain, Cordes en tant que poète moderne reconnaît d’emblée qu’une glose sous forme de mot à mot, même quand la chose demeure possible, ne sera pas entièrement satisfaisante en tant que poésie.

Il est curieux de noter que Cordes donne également un résumé en prose française ; ce résumé n’est pas très heureux, voire fort inexact. Il banalise le propos de manière assez gauche et ne fait justice ni à l’original de Jaufre ni à sa propre inspiration : « Quand les jours s’allongent en Mai [sic] me souvenant de mon amour lointain je ressents [sic] l’hiver parmi les fleurs » (Cordes 1975, 45). Comme dans le cas du traducteur médiéval Jean Renart, on ne peut s’attendre à ce que Cordes place les deux langues sur un pied d’égalité : il favorise son occitan première langue comme Jean Renart naturellement son ancien français. Mais contraire-ment à Jean Renart, qui propose « Vois de ça embruns et enclins » dans son adaptation (Rosenstein 1995, 337), Cordes reste sensible dans sa langue bien à lui à l’appel de la poésie. Avec « sornarut », il opte pour un mot moins courant sans doute et qui n’a pas d’équivalent parfait en français, où il se rapprocherait un peu de « sombre » et surtout d’« assombri ». Avec « cap clin », il innove par rapport à « cap bas » moderne, peut-être plus fréquent, en conservant le « clis » de Jaufre Rudel (cf. Fourvières 1902, sournaru, cap ; cf. Mistral sournaru) tout comme Robert Lafont, « Vau de talant embroncs e cli(n)s » (Lafont 1972, 78 ; 2005, 54). À noter que Lafont a trouvé le même équivalent en italien avec « a capo chino », « Vau de talan embroncx e clis / Vado imbron-ciato, a capo chino » (Lafont 1992, 64-65). Ici, pour une fois, les deux auteurs se rejoignent, mais pour le reste, Lafont colle à son original alors que Cordes laisse jouer la poésie, sa poésie, dans une version créatrice qui fuit les calques faciles.

Ainsi, dans ce passage comme dans l’ensemble de son anthologie, Cordes a accompli bien plus qu’une adaptation de la langue ancienne dans la langue moderne comme l’avait fait Lafont. Il a insufflé de la vie dans cette « translation », la vie d’un poète personnel, bien en chair et en os. Comme on l’a souvent fait remarquer, on ne devrait confier la traduction de la poésie qu’à des poètes. La version de Cordes sonne juste dans un sens plus profond, fidèle à l’art de la traduction et à l’inspiration de la vie. Une comparaison des versions du même passage par-delà les étapes de transformation historique et linguistique nous permet de mesurer l’étendue du changement, mais dans la continuité et l’unité de la poésie d’une même culture malgré les siècles qui séparent nos deux poètes occitans, de Blaye et de Minerve. De plus, Cordes ne donne en français qu’un résumé très sommaire : en occitan, il reprend seulement cinq strophes avec la tornade, alors que l’original comporte sept strophes et demie. Encore une fois, Cordes présente peut-être moins les chansons que ses impressions.

Naturellement, tous les spécialistes des troubadours, bien que partisans de la poésie, ne verront pas les versions parfois impres-sionnistes de Cordes du même œil, en tout cas pas forcément avec la même bienveillance. Ils contesteront le travail d’un non-spécialiste, jaseront sur ses défauts bibliographiques, lui reprocheront ses erreurs de lecture ou d’interprétation – car on sait que toute traduction est interprétation, depuis Aristote, et donc susceptible de critique. Mais, dans l’exemple que nous venons de voir, Cordes, fin connaisseur de la langue comme de l’esprit du poète, n’a pas fait les erreurs élémentaires d’un poète français comme Georges Ribemont-Dessaignes dans son antho-logie, qui comme un autre poète contemporain a imaginé dans le sol de « si cum far sol » de Jaufre Rudel un « soleil » et non pas une forme correspondant au latin solet du verbe solere « avoir l’habitude », comme espagnol suele ou ancien et moyen français souloit.

Certes, il y a des passages où l’on aurait maille à partir avec le poète, notamment quand il se trompe d’éditeur ou de poète (c’est Topsfield, un Anglais, et non Shepard, un Américain, qui a édité Miraval avant Nelli) ou même de titre ou d’incipit (« Kalenda maia » et non pas « Kalenda gaia »). Mais ce sont là de petits détails. Il y a eu bien plus grave. Fontenelle au XVIIIe siècle se demande, « Qui n’a pas connu le grand troubadour Jaufre Budel ? » Au début du XXe siècle, le célèbre critique littéraire Émile Faguet nous parle d’un important troubadour de Mantoue nommé Bordello (lire : Sordello). On pardonnera gracieusement les petites erreurs honnêtes de Léon Cordes ou de son éditeur. Peu nombreux seront ceux qui les remarquent.

[...]

Article de Roy Rosenstein, « Troubadours aujourd’hui / trobadors al segle XX, le poète Léon Cordes et sa « translation » »Revue des langues romanes, Tome CXX N°2 | 2016, 301-308.

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